|
| L'aérodrome
|
En 1784 la première montgolfière qui vole en Savoie
décolle de Chambéry et les vents la poussent vers une grande zone marécageuse qui
s'étend au Nord de Challes-les-Eaux, où elle atterrit.
En 1895 la garnison de Chambéry
récupère cette même zone pour en faire son terrain de manoeuvre.
En 1911 et 1912 les
premiers vols en avion sont tentés à partir de ce terrain de manoeuvre militaire par
Pierre Béard (brevet militaire) numéro 488.
En 1913 il devient officiellement "champ d'aviation".
Bien qu'initialement réservé à l'usage des avions militaires, l'aérodrome de Challes
s'ouvre peu à peu aux civils après la première guerre mondiale, avec la création de
l'Aéro Club des Alpes Françaises. Plusieurs meetings sont organisés entre les deux
guerres mondiales, avec la participation des plus grands pilotes de l'époque: Détroyat, Le Brix,
Hélène Boucher, Maryse Hiltz...
De 1932 à 1936, le Capitaine Joseph Thoret
crée à Challes la première école de vol en montagne.
En 1934 l'Aéro-Club de Savoie
remplace l'Aéro Club des Alpes Françaises, et l'enseignement du pilotage commence
réellement. Le moniteur en est Fernand Rogès. Després le remplace en 1936.
En 1937 une
section d'Aviation Populaire y est jointe, avec le moniteur Halotier. Les vols s'arrêtent
en 1939, au déclenchement de la deuxième guerre mondiale. |
| Premiers vols en planeur
|
Si l' Ecole des Remous de Thoret dispose dès 1932
d'un planeur biplace AVIA 20 A, la première véritable exploitation vélivole à Challes
date de 1937: Lors d'un meeting, le champion Eric Nessler tient l'air 25mn au cours de sa
démonstration et se rend compte de l'extraordinaire rendement de la pente du Mont Saint
Michel.
En 1942, alors que les vols en avions sont interdits, une activité planeur
" de remplacement " est lancée par l'Aéro Club de Savoie, sous
l'impulsion du moniteur Michel Guyard. On se procure un treuil au gazogène, quelques
planeurs-poutres AVIA 11A et AVIA 15A, et on essaie. Grâce au Mont Saint Michel, les vols
de durée se révèlent très faciles et d'autres planeurs Castel 30S et
Castel 242 sont
obtenus.
En novembre 1942 toute activité aérienne civile est définitivement stoppée en
France, mais, à Challes, 120 pilotes ont pu être entraînés et plus de 2000 vols
réalisés. Ces résultats sont impressionnants sur le plan national et, sur proposition
des dirigeants de l'aéro-club, il est décidé que dès la fin des hostilités un Centre
National de Vol Sans Moteur soit ouvert à Challes, pour tirer parti des fabuleuses
possibilités aérologiques locales.
C'est ainsi qu'en 1945 un centre national ouvre ses
portes à Challes. Ses missions évolueront au fil du temps: Initialement chargé de la
formation des moniteurs de planeur, on y fera ensuite de la formation initiale de pilotes
d'avions pour l'Armée de l'Air et la formation des instructeurs
"avion". Les Chefs de Centre en seront successivement MM Lacasse,
Peignat, Lahaye et Gourbeyre. Les Chefs-pilotes seront MM.Guyard, Branciard, De Lasageas
et Delparte, et, parmi les nombreux moniteurs qui viendront y travailler, on trouvera
beaucoup de noms restés ensuite célèbres. Le Centre National, qui alors ne fera plus
que du vol à moteur, fermera ses portes en 1976, pour être transféré à
Grenoble-Saint-Geoirs. |
| L'ère moderne
|
Depuis l'ouverture du centre national, et parallèlement
aux activités de celui-ci, l'Aéro-Club de Savoie a conservé une section vol à voile.
Parmi les nombreux pilotes qui en sont issus, il faut noter Daniel Barbera, inventeur du
calculateur qui porte son nom.
En 1963, lorsque la formation des moniteurs de planeurs est
transférée au Centre National de La Montagne Noire, cette section se retrouve en charge
de l'intégralité des vols en planeurs qui se dérouleront désormais à Challes. Le parc
des planeurs et des avions remorqueurs est progressivement étoffé et cette section se
développe.
En 1972, le Club de Vol à Voile Alpin d'Annecy, créé par Pierre HANNHART , doit quitter l'aérodrome de
Meythet, qui se croit alors appelé à un fort développement commercial. Ses
membres, son avion remorqueur (un Morane 317) et ses quatre planeurs,
rejoignent donc leurs voisins de la section vélivole de l'Aéro Club de
Savoie.
Le 17 mars, Pierre Garcin , qui s'occupait déjà de la
section vol à voile, est élu Président du nouveau club : le Centre Savoyard de
Vol à Voile Alpin (C.S.V.V.A.). Une activité permanente est
lancée avec les moniteurs Bonnardot, Chasseray, puis Alain Carré.
En 1976, comme nous l'avons
vu, le Centre National quitte Challes-les-Eaux et le C.S.V.V.A. devient le gestionnaire
principal de l'aérodrome. Cette liberté, ainsi que les économies engendrées par un
retour au treuil pour remplacer en partie les avions remorqueurs, lui permet un encore
plus grand développement, et ainsi d'accéder aux premières places françaises pour ce
qui est de l'activité, voire à la toute première pour ce qui est de l'activité des
jeunes pilotes. Cette croissance se fait sous la direction de
Pierre Pellier , Chef de Centre de 1977 à 1996, et de ses adjoints successifs: Serge Mazoyer,
Gilles Filloux, Henri Lamontagne, Richard Gouble et Christophe Huguenet.
Pierre Pellier parti à la retraite, le flambeau fut repris par Henri Lamontagne, puis par Christophe HUGUENET en 1999. Christophe a aujourd’hui
comme adjoints; Thierry Louis et Lionel Virely tandis que la présidence du
club est assurée par Olivier Margue depuis 2003.
Si les
premières performances sportives établies il y a quelques années étaient
remarquables pour l’époque: 300 kilomètres en
1971, 500 kilomètres en 1974, ces vols ont depuis été 'banalisés' par de nombreux
pilotes challésiens. Aujourd'hui les 45 planeurs basés à Challes parcourent chaque
année près de 200.000 kilomètres.
Parallèlement à sa place parmi les trois premiers clubs
français
depuis 30 ans
(voire même premier en 2003), et surtout 1er club de
France pour le formation des jeunes pilotes, les meilleures distances
parcourues depuis Challes, vers la Méditerranée ou la Suisse et l’Autriche
s’améliorent d’année en année :
En 1982, la meilleure distance était de 760 km vers les Gorges du
Verdon et les Sources du Rhône.
En 1993, un vol de 936 km fut réalisé avec aller-et-retour vers l'Autriche.
En 1995, la
barre est portée à
1012 km et les vols vers l'Autriche
deviennent de plus en plus nombreux.
En 1998, une nouvelle étape a été franchie :
1100 km vers Innsbruck et retour et
jusqu’à plus de 1250 km lors de la canicule de 2003. |
Jean-Noël Violette,
historien du club (Janvier
2007)
|